Mea culpa, mea maxima culpa ! C’est encore dans un article révélant la face la plus sombre de l’être humain que je suis allé chercher ma petite gâterie du jour. Je le confesse volontiers, ce n’est pas du meilleur goût. À ma décharge, j’ai constaté que c’est souvent dans les vergers de l’information sordide que poussent les plus belles récoltes.
Le prêtre incriminé ayant eu le tort d’abuser du fruit défendu — et pas que du fruit, hélas ! — la méprise de mon collègue fait-diversier, j’ai presque honte de le dire, n’en est que plus savoureuse. Car le « pêcher » dont il parle n’est évidemment pas celui qu’il a voulu écrire.
Le pêcher, avec un accent circonflexe et un « r » final, est un arbre fruitier cultivé dans les régions tempérées. Le verbe pêcher, lui, désigne l’action de prendre du poisson, à la ligne ou au filet, selon les préférences. Le nom de l’arbre vient du latin persica, « fruit du pêcher ».
Beaucoup moins innocent, le fruit dont il est réellement question dans l’article — avec deux accents aigus et sans « r » final — est celui du péché, nom issu du latin chrétien peccatum, « faute commise contre la loi divine ».
À la différence du premier, il ne se cultive pas, mais peut causer bien des pépins.
Les pièges de la langue française vus au travers de l'actualité réunionnaise
mercredi 13 avril 2022
Le fruit du péché
Lu ce matin : « Le garçon est enfant de chœur à la paroisse Sainte-Agathe, où sa maman confie régulièrement ses pêchers au père Fabrice Ibrahim. » (lequotidien.re)
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