Allez, soyons honnêtes : lequel d'entre nous n'a jamais succombé à la tentation d'affubler d'un « s » final le substantif « répétition » dans l'expression « à répétition » ? L'erreur est fréquente dans la littérature. Inutile de préciser qu'elle l'est tout autant dans la presse écrite, malgré les mises en garde réitérées de nos dictionnaires usuels – Robert, Larousse ou Littré :
– « Nestlé : entre mensonges sur l'eau et cessions à répétitions, où va le groupe ? » (Capital)
– « Des messages à répétitions demandent aux utilisateurs de réinitialiser leur identifiant Apple. » (Le Monde informatique)
– « Accidents à répétitions, violences : faut-il en finir avec les fêtes foraines ? » (RMC)
Pourtant, lorsqu'on y regarde de plus près, le singulier relève d'une logique implacable. Dans des expressions telles que « par moments » ou « par intervalles », les substantifs désignent les différentes étapes d'un phénomène répétitif ; le pluriel s'impose donc naturellement. Dans « à répétition », en revanche, le mot « répétition » ne renvoie pas aux occurrences successives de l'action, mais au phénomène lui-même, c'est-à-dire au fait de répéter. Le singulier est donc de rigueur. Le même raisonnement vaut d'ailleurs pour l'expression « par intermittence ».
Une règle de français qui semble avoir échappé à mes anciens confrères de linfo.re, auteurs de la même faute à sept reprises en l'espace de neuf mois. Sur la route, une telle accumulation d'infractions aurait déjà valu à son responsable un retrait de permis. Mais sur la Toile, chacun le sait, les entorses au bon usage ne constituent pas des délits passibles de sanctions.
Même en cas de multirécidive.

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