jeudi 10 avril 2025

La manie d'en dire trop

Lus ces derniers jours : « Dans un communiqué, le maire de la commune Maurice Gironcel a réagi en expliquant avoir appris par la presse, "avec surprise et étonnement" » (Imaz Press Réunion)
« Le maire de la commune, Maurice Gironcel, se dit abasourdi, les administrés ne cachent pas leur déception. » (linfo.re)

Arrêtez-moi si je me trompe, mais, jusqu'à preuve du contraire, un principal dirige un collège, un proviseur est à la tête d'un lycée et un maire administre... une commune. Alors pourquoi éprouver le besoin de le préciser ?
Il faut croire qu'à force de craindre de ne pas en dire assez, l'usager de la langue finit parfois par en dire trop. Ainsi voit-on fleurir dans la presse et ailleurs des formules telles que « le maire de la commune », comme s'il pouvait être le maire d'un canton, d'un département ou d'une recette de cuisine.
Le pléonasme du jour est d'autant plus redoutable qu'il passe inaperçu. Qui s'étonne encore de lire que « le maire de la commune » a inauguré une école, présenté ses vœux ou défendu son budget ? Personne, ou presque. À tel point que l'expression circule aujourd'hui avec une aisance remarquable. Elle franchit les colonnes des journaux, les micros des radios et les écrans de télévision aussi facilement qu'un budget annuel au conseil municipal de Sainte-Suzanne, lequel, si j'en crois certains articles de presse récents, ne semblerait guère plus regardant sur le fond que sur la forme.
Décidément, les mots aussi ont parfois tendance à voter les crédits sans examiner les dépenses.

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