Quelque chose cloche dans cette phrase, et ce n’est pas le partenariat. C’est ce pauvre verbe « concrétiser », invité à une fête qui n'est pas la sienne. Car, sauf erreur de ma part, « concrétiser » exprime l'idée de matérialiser, de rendre concret ce qui était abstrait. On concrétise des sentiments, un espoir, un souhait, une volonté, une intention, un idéal, un objectif, une hypothèse, une ambition, une envie, un rêve, un dessein, que sais-je encore… En résumé, on fait passer une idée du cerveau à la réalité. Or, dans notre article, l'union entre la CGSS et la CCI n'a rien d'une idée abstraite puisqu'elles « collaborent depuis de nombreuses années » !
Malheureusement, le mot est devenu le couteau suisse des rédacteurs paresseux, qui l'assimilent sans honte à « réaliser », mais aussi à « confirmer », « mettre à profit » ou encore « rééditer », « reproduire »…
– « Laurent Pellier en Sardaigne : "Nous devons concrétiser nos bonnes performances." » (Autohebdo)
– « La supérette en libre-service va se concrétiser à Saint-Léger-de-Montbrun. » (Ouest-France)
— « RN 21 : le contournement d'Adé sur le point de se concrétiser ? » (La Dépêche)
Sans oublier le jargon sportif qui en a fait son doudou sémantique : « l'attaquant n'a pas réussi à concrétiser ses occasions » (L'Équipe). Traduction : il a raté le cadre.
Pour revenir au cas qui nous intéresse aujourd'hui, il eût donc été plus correct d'écrire : «…ont concrétisé leur projet d'union (le projet étant abstrait) ou, plus simplement, « ont officialisé leur union ».
Oui, je le sais, je prends trop souvent mes désirs pour des réalités.

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