Sans vouloir faire offense à mon ancien confrère, je ne suis pas certain qu'il ait réellement voulu dire ce qu'il a écrit. Affirmer qu'Emmanuel Macron souhaite « temporiser sur une nouvelle dissolution » reviendrait en effet à lui prêter l'intention de renvoyer les Français aux urnes, tout en se réservant le soin d'en choisir le moment.
Or l'Académie française rappelle que temporiser, c'est « différer une action, une décision dans l'attente d'une occasion favorable, d'un temps plus propice ». Larousse et Robert, sous des formulations à peine différentes, abondent dans le même sens.
Rien ne permet pourtant d'affirmer que notre président nourrisse un tel projet. Pas davantage que l'emploi de tempérer n'aurait constitué une solution idéale. Certes, ce verbe signifie « modérer », « atténuer », « diminuer la force de » ou encore « calmer le jeu » ; mais il est fréquemment supplanté, à tort, par son paronyme temporiser, victime récurrente d'une confusion dont les médias ne sont pas les derniers propagateurs.
Au fond, le vocabulaire politique offre peut-être une explication plus simple. Dans le jargon du rugby, on dirait que notre Manu national a surtout cherché à botter en touche.

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