vendredi 1 août 2025

C'est le flou en réanimation

« Le SMUR est intervenu et a tenté de ranimer la jeune victime. » (linfo.re)

Phonétiquement voisins au point d'être souvent confondus, « ranimer » et « réanimer » n'ont pourtant jamais cessé d'alimenter les discussions sur la frontière qui sépare leurs emplois respectifs. Apparus tous deux au XVIᵉ siècle, ils n'ont toutefois pas connu le même destin. Pendant plus de trois siècles, « ranimer » a largement éclipsé son concurrent, reléguant « réanimer » à un rôle discret.
Aujourd'hui, un partage des tâches semble s'être imposé. Le verbe « réanimer » est généralement réservé au domaine médical, où il désigne l'action de rétablir les fonctions vitales d'une personne. Quant à « ranimer », il conserve les autres acceptions : redonner de la vigueur, de l'intensité, de l'éclat ou du mouvement, au sens propre comme au figuré.
On réanime donc un blessé, mais on ranime une flamme, une passion, une haine ou encore l'activité économique d'un pays. Du moins en théorie.
Car les dictionnaires, ces arbitres que l'on aimerait parfois voir parler d'une seule voix, se plaisent à entretenir une part de suspense. Là où Robert préfère réanimer un noyé, Larousse n'hésite pas à le ranimer. Une divergence de plus à verser au dossier déjà bien fourni des désaccords lexicographiques.
Il faut croire que ces deux vénérables maisons ne laissent jamais passer une occasion d'afficher leurs différences. Entre concurrents, après tout, c'est de bonne guerre.
Inutile de vous faire un dessin… animé, cela va de soi.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Ainsi soit-il !

  «  C’est pourquoi la désignation d’un DRH –  aussi expérimenté soit-il – à la présidence d’Airport Holdings Ltd (AHL) soulève une interro...