Lu il y a quelques jours : « Au cœur de cette messe de l'ordination, il y a les promesses et l'engagement pour toute sa vie du don de soi-même du nouvel ordinant. » (Linfo.re)
L'orthographe vaut bien une messe. Surtout lorsqu'elle distingue deux mots que tout semble rapprocher, à commencer par leur prononciation. « Ordinand » et « ordinant » ne diffèrent que d'une lettre, mais cette lettre suffit à inverser les rôles.
L'erreur relevée il y a quelques jours sur un site d'information local n'a donc rien d'exceptionnel. Elle est même assez répandue.
L'ordinant, avec un t, est celui qui confère le sacrement de l'ordre : l'évêque qui ordonne. L'ordinand, avec un d, est celui qui le reçoit, autrement dit le futur prêtre. En résumé, l'ordinant ordonne ; l'ordinand est ordonné. Il serait dommage de leur faire échanger les places au moment le plus solennel de la cérémonie.
La même distinction existe d'ailleurs avec confirmant et confirmand. Le premier administre le sacrement de confirmation ; le second s'y prépare. Si Larousse et Hanse admettent le terme confirmant, Littré, Robert et l'Académie demeurent plus réservés. Sur ce point, les autorités de la langue ne communient pas tout à fait.
En matière d'ordination comme de français, mieux vaut donc respecter... l'ordre des choses.
P.S. : Une malencontreuse coquille s'est glissée dans la première phrase de mon précédent billet. Il fallait lire « à la manière de » et non, comme écrit par étourderie, « à la même manière que ». Qui n'a jamais dérapé me jette la première peau de banane !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire