À l'instar d'« accidentologie », qui s'est dangereusement invitée sur nos routes au sens de « nombre d'accidents », « volumétrie » est sorti de son champ d'origine pour coloniser à peu près tous les secteurs de l'activité humaine. On parle désormais de la volumétrie des transactions bancaires, de la volumétrie des ventes, des dossiers, des appels téléphoniques, des cas de Covid, voire de la volumétrie de la maladie d'Alzheimer. Si, si, je me rappelle l'avoir lu !
Était-il donc devenu trop banal de parler de volume, de quantité, de nombre, voire d'effectif, selon les cas ? Sans doute. À notre époque, les mots longs inspirent manifestement davantage confiance que les mots justes. C'est le même mal qui nous fait préférer « problématique » à « problème », « technologie » à « technique » ou « thématique » à « thème ».
Les gardiens du temple n'ont évidemment pas laissé passer l'affaire. L'Académie rappelle que volumétrie désigne la mesure des volumes et, par extension, la méthode employée pour les mesurer. Le mot est parfaitement à sa place en chimie, en sylviculture ou dans le transport de marchandises, où il est d'ailleurs proche de cubage. En revanche, l'employer pour désigner le volume lui-même, ou pire encore une simple quantité, relève selon elle d'une extension de sens injustifiée.
Peine perdue. Dans le langage administratif, économique ou médiatique, la volumétrie continue de prendre… du volume. Et il y a fort à parier qu'elle n'a pas fini de gonfler.
Les pièges de la langue française vus au travers de l'actualité réunionnaise
lundi 14 août 2023
Volumétrie : trop, c'est trop !
Lu il y a quelques joueurs « :… le système de financement tel que prévu par la loi de finances pour 2022 était construit autour d'une volumétrie de 8 000 contrats par an. » (Clicanoo.re)
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