La langue française est parfois d'une logique désarmante. Tenez, prenez l'adverbe comme. Lorsqu'il introduit une énumération, il annonce déjà un exemple. Lui adjoindre par exemple revient donc à annoncer… un exemple de l'exemple.
L'Académie ne laisse d'ailleurs planer aucun doute sur ce point : parmi les emplois de comme figure précisément celui qui consiste à introduire un exemple. « Un philosophe du XVIIIe siècle, comme Voltaire » ; « certains verbes, comme être ou aller, ont une conjugaison irrégulière » ; « il s'initiait aux travaux des champs, comme labourer, semer, récolter ».
Dès lors, pourquoi s'obstiner à écrire ou à dire comme par exemple ? Sans doute parce que la langue parlée aime les ceintures et les bretelles. À force de vouloir annoncer un exemple, on finit par le faire deux fois.
Le travers n'épargne d'ailleurs pas les plus grandes rédactions. Jugez plutôt :
– « …comme par exemple pour le Français Niska en ouverture. » (Le Monde)
– « …comme par exemple les professionnels de santé. » (Le Figaro)
– « …comme par exemple des doublements de salaires. » (L'Express)
Comme quoi, même les meilleurs donnent parfois... le mauvais exemple.

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