On n'est décidément à l'abri de rien. Pas même de voir l'avocate d'un détenu violent prise en flagrant délit de pléonasme.
Les faits sont pourtant accablants. S'adressant à la cour, l'intéressée a en effet déclaré que son client ne recommencerait pas « à l'avenir ». Or, nul besoin de me lancer dans une interminable plaidoirie pour convaincre mesdames et messieurs les jurés de la langue que cette locution constitue, dans l'affaire qui nous occupe, un effet de manche parfaitement superflu. Un simple « recommencera » eût amplement suffi. Car enfin, à moins de disposer d'étonnantes facultés rétrospectives, on recommence toujours... dans l'avenir.
L'accusation est d'ailleurs en mesure de produire d'autres pièces à conviction. Il n'est pas rare d'entendre parler de projets d'avenir, de perspectives d'avenir ou encore de projections d'avenir. Comme si les projets concernaient le passé, les perspectives le présent et les projections l'archéologie. Ajoutons à cela ce bel avenir que nous aurions « devant nous » et dans lequel, Dieu sait pourquoi, nous semblons parfois « entrer ». À reculons, qui plus est.
Le verdict ne fait guère de doute : le pléonasme bénéficie encore de nombreuses circonstances atténuantes dans l'usage courant. Mais pour combien de temps ?
Les pièges de la langue française vus au travers de l'actualité réunionnaise
samedi 19 avril 2025
L'avenir sur le banc des accusés
« On n’est pas à l’abri que cela recommence à l’avenir. » (linfo.re)
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