vendredi 25 avril 2025

Les lettres muettes, ça vous parle ?

« Ni nous, ni nos voisins mauriciens, n'avons vocation à prendre partie dans ces affrontements qui ne feront que déstabiliser nos peuples et nos territoires. » (Zinfos974)

Les lettres muettes, ça vous parle ?

Le drame avec ces demoiselles, c'est que, par définition, elles ne nous disent rien. À l'oral, du moins. Car à l'écrit, elles sont rarement là par hasard. Bien souvent, elles portent du sens, et leur omission — ou leur apparition intempestive — peut entraîner de sérieuses méprises.

Riz ou ris ? Différent ou différend ? Dessin ou dessein ? On ne compte plus les confusions provoquées par ces homophones qui avancent masqués.

Prenons les substantifs parti et partie, très présents dans notre langue de tous les jours. Doit-on écrire « prendre parti » ou « prendre partie » ? « Prendre à parti » ou « prendre à partie » ? La question a probablement traversé l'esprit de chacun d'entre nous.

Sachez donc que dans « tirer parti de », le nom masculin parti désigne le bénéfice, le profit ou l'avantage que l'on retire d'une situation. Dans « prendre parti », il exprime l'idée d'un choix, d'une prise de position. Quant au « parti pris », il renvoie à une opinion arrêtée, à un jugement préconçu.

En revanche, dans les expressions « prendre à partie » et « être juge et partie », nous avons affaire au substantif féminin partie, hérité du vocabulaire juridique. Il désigne l'une des personnes engagées dans un procès ou, plus largement, dans un différend.

Une simple lettre muette suffit donc à faire passer du camp des opinions à celui des adversaires.

J'espère que ce modeste billet vous aidera à ne plus vous en remettre à la seule bienveillance du hasard. Et si ce n'est pas le cas, j'essaierai d'en prendre mon parti.

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