mercredi 30 avril 2025

Un besoin urgent d'adaptation

« Leur progression repose sur une acclimatation rigoureuse. Depuis le camp de base de l’Everest, situé à 5 364 mètres d’altitude, ils réalisent actuellement des rotations vers les camps supérieurs. » (linfo.re)

Deux substantifs (acclimatation, acclimatement) pour un même verbe (acclimater) : ouh là là ! Voilà qui sent déjà la complication lexicale à plein nez.
À quelques nuances près, les spécialistes de la langue s'accordent pourtant à distinguer les deux termes. Selon eux, l'acclimatation supposerait l'intervention de l'homme, tandis que l'acclimatement relèverait d'un processus spontané. On parlera ainsi de l'acclimatation d'un ours de l'Oural à la douceur des Pyrénées, mais de l'acclimatement de l'homme au froid polaire. Le premier bénéficiera d'un sérieux coup de pouce humain ; le second devra compter sur ses seules ressources... et sur quelques vêtements chauds.
L'affaire serait entendue si l'usage ne s'était pas chargé de brouiller les cartes. Car aujourd'hui, acclimatation a largement débordé son domaine d'origine pour désigner toute forme d'adaptation à un nouvel environnement, qu'il s'agisse d'une plante, d'un animal ou d'un être humain. Quant à son concurrent, il semble avoir été placé en hibernation prolongée.
Un rapide détour sur la Toile suffit à prendre la mesure du phénomène : au cours du seul mois écoulé, j'ai relevé quarante-cinq occurrences d'acclimatation... contre aucune pour acclimatementLe verdict est sans appel. Après avoir longtemps expliqué aux locuteurs comment distinguer les deux termes, nos grands spécialistes de la langue vont peut-être devoir, à leur tour, faire preuve d'un peu... d'acclimatation.

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