Deux substantifs (acclimatation, acclimatement) pour un même verbe (acclimater) : ouh là là ! Voilà qui sent déjà la complication lexicale à plein nez.
À quelques nuances près, les spécialistes de la langue s'accordent pourtant à distinguer les deux termes. Selon eux, l'acclimatation supposerait l'intervention de l'homme, tandis que l'acclimatement relèverait d'un processus spontané. On parlera ainsi de l'acclimatation d'un ours de l'Oural à la douceur des Pyrénées, mais de l'acclimatement de l'homme au froid polaire. Le premier bénéficiera d'un sérieux coup de pouce humain ; le second devra compter sur ses seules ressources... et sur quelques vêtements chauds.
L'affaire serait entendue si l'usage ne s'était pas chargé de brouiller les cartes. Car aujourd'hui, acclimatation a largement débordé son domaine d'origine pour désigner toute forme d'adaptation à un nouvel environnement, qu'il s'agisse d'une plante, d'un animal ou d'un être humain. Quant à son concurrent, il semble avoir été placé en hibernation prolongée.
Un rapide détour sur la Toile suffit à prendre la mesure du phénomène : au cours du seul mois écoulé, j'ai relevé quarante-cinq occurrences d'acclimatation... contre aucune pour acclimatement. Le verdict est sans appel. Après avoir longtemps expliqué aux locuteurs comment distinguer les deux termes, nos grands spécialistes de la langue vont peut-être devoir, à leur tour, faire preuve d'un peu... d'acclimatation.
Les pièges de la langue française vus au travers de l'actualité réunionnaise
mercredi 30 avril 2025
Un besoin urgent d'adaptation
« Leur progression repose sur une acclimatation rigoureuse. Depuis le camp de base de l’Everest, situé à 5 364 mètres d’altitude, ils réalisent actuellement des rotations vers les camps supérieurs. » (linfo.re)
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Ainsi soit-il !
« C’est pourquoi la désignation d’un DRH – aussi expérimenté soit-il – à la présidence d’Airport Holdings Ltd (AHL) soulève une interro...

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