Il y a « accroc » et « accro ». Deux mots que la proximité phonétique et graphique suffit à confondre, mais qui n’ont pourtant pas grand-chose en commun.
« Accroc » désigne d’abord une déchirure, un trou dans un tissu provoqué par un fil ou un objet qui s’y est pris. Par extension, le mot s’emploie pour évoquer un incident, une difficulté, un contretemps ou une entorse faite à une règle. « Accro », en revanche, qualifie familièrement une personne dépendante d’une drogue, mais aussi, plus largement, quelqu’un qui éprouve une passion immodérée pour quelque chose.
On dira donc que les accros à la langue française n’auront pas manqué de déceler l’accroc orthographique cité en introduction.
Je veux espérer que l’auteur de la bourde aura été victime de sa précipitation plutôt que de sa négligence. Je le veux d’autant plus que c’est une véritable déchirure pour moi d’avouer que la phrase incriminée provient d’un journal que j’aime bien.
Mais quelle que soit l’origine de cette petite bévue, j’en connais qui ne manqueront pas l’occasion de prétendre que ce que l’on lit dans la presse n’est parfois qu’un tissu d’âneries.
Les pièges de la langue française vus au travers de l'actualité réunionnaise
lundi 28 mars 2022
Les accro(c)s du français
Lu hier : « (…) à la demande de leurs proches, souhaitant qu’ils ne soient pas accrocs à la drogue. »
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