Les deux extraits d’article ci-dessus, lus cette semaine à moins de 24 heures d’intervalle, confirment la confusion qui existe dans l’esprit de beaucoup de gens, et apparemment de certains journalistes, entre les termes « meurtre » et « assassinat ». Tous les deux appartiennent à la triste famille des homicides, autrement dit, des « actions de tuer, volontairement ou non, un être humain », dixit Larousse. Mais bien qu’ils destinent leur(s) victime(s) à la même issue fatale, les deux actes ne naissent pas de la même intention. L’assassinat est prémédité alors que le meurtre ne l’est pas. La nuance est d'autant plus importante qu'elle peut valoir quelques années de geôle en plus ou en moins au moment de passer à la caisse.
Au rayon des mots souvent mal employés, « crime » figure également en bonne place. S’il inclut dans son champ le meurtre et l’assassinat, il n’est pas nécessairement associé à la notion de mort. Il désigne plus largement une infraction particulièrement grave, comme un vol qualifié, un incendie criminel, une agression ou un viol, relevant de la catégorie des crimes au sens juridique du terme.
Meurtre, assassinat, crime… Autant de termes d'un sinistre acabit que l’on retrouve à plus ou moins bon escient dans les titres de la littérature policière et notamment ceux de la reine du genre, Agatha Christie. Selon notre logique française, la traduction du titre de son chef-d’œuvre The Murder of Roger Ackroyd aurait ainsi pu être L’Assassinat de Roger Ackroyd plutôt que Le Meurtre de Roger Ackroyd, puisque la mort de ce dernier est le fruit d’un scénario échafaudé de longue date par le narrateur de l’histoire, le Dr Sheppard.
À lire absolument, si ce n’est déjà fait, dès que vous aurez du temps à tuer.

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