Quel méli-mélo ! Alors que l’usage courant a largement fait de l’adjectif « mitigé » (du latin mitis, doux) le synonyme de « mélangé, mêlé, partagé, équivoque, ambigu… », les linguistes continuent de façon quasi unanime à lutter contre cet emploi qu’ils qualifient de « critiqué ». Pour le premier, un sentiment mitigé est un sentiment partagé, en demi-teinte. Pour les seconds, il s’agit d’un sentiment qui a perdu de son intensité. Dans un cas, on baisse le volume ; dans l’autre, on mélange les morceaux.
Alors, qui a raison ? Faut-il se laisser porter par le souffle du changement ou persister à se battre contre les moulins à vent ? Cruel dilemme. D’autant que ceux qui sont censés nous aider à trancher semblent eux-mêmes s’y être un peu mélangé les pinceaux. Prenez Larousse. Dans la version numérique de son dictionnaire, le « sens premier » de « mitigé » est soigneusement défendu : « atténué, tempéré, devenu ou rendu moins vif ou moins rigide ». Mais dans la version papier, le même dictionnaire nous explique que « mitigé » « se dit d’un jugement qui n’est pas tranché ».
. Irai-je jusqu'à prétendre qu'il sait de quoi il parle ?

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