Le verbe « immoler » et sa forme pronominale « s’immoler » impliquent une notion de sacrifice ou de rituel, rappelle l’Académie française dans la 9e édition de son dictionnaire. Larousse, plus accommodant, ajoute un prudent « généralement », laissant ainsi la porte entrouverte à quelques entorses à la tradition.
De ce fait, un homme désespéré ne s'immole pas par le feu sur le boulodrome de Maboule-les-Pains, il s'y tue ou s'y suicide par le feu... parce qu'il a perdu la boule. Le tragique fait divers relaté plus haut ne semble pas davantage relever d'un quelconque sacrifice. En revanche, un militant ouïgour peut parfaitement s’immoler pour protester contre la répression dont est victime son peuple : le sacrifice, cette fois, est bien au cœur du geste.
D'un point de vue pratique, s’il est de loin le plus spectaculaire, le feu n’est pas le seul moyen « sémantiquement » autorisé en cas d’immolation. D’ailleurs, je vous déconseille d'en user, vous pourriez vous brûler. Le gaz, un révolver, une corde, du poison, un couteau ou le dernier livre de Guillaume Musso feront très bien l’affaire. L’expression « s’immoler par le feu » n’est donc pas un pléonasme. Alors, de grâce, jetez vite au bûcher cette stupide idée reçue !

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