Lu il y a quelques jours (à force de procrastiner, j'ai perdu la notion du temps) : « Enfin, il y a celles et ceux — une minorité de nos concitoyens -— qui s'en sortent sans trop de casse et pour qui la flambée des prix ne va pas changer radicalement leur façon de "consommer" Noël. » (clicanoo.re)
« Celles et ceux », « certaines et certains », « d'aucunes et d'aucuns », « toutes et tous » … J'en passe, des meilleures… et des meilleurs. Tout cela pour dire, chers amis, chères amieuhhh, qu'il ne se passe plus guère de semaine sans qu'une personnalité publique ne s'astreigne à ce dédoublement devenu presque rituel. À croire que notre langue ne serait plus capable de désigner un groupe d'individus sans rappeler, à chaque phrase, qu'il est composé d'hommes... et de femmes.
Le procédé n'est pourtant pas nouveau. Bien avant que l'on ne parle d'écriture inclusive, le général de Gaulle ouvrait ses allocutions par son célèbre « Françaises, Français ». Mais ce qui relevait alors de la solennité oratoire tend aujourd'hui à devenir un automatisme, parfois jusqu'à la caricature.
À trop vouloir stigmatiser les différences, on finit par les creuser. Ainsi, lorsque Olivier Véran invite les agents de la SNCF, « au premier chef celles et ceux qui ont annoncé vouloir faire grève à y renoncer », il veut probablement nous rappeler que la grève n'est pas qu'une histoire d'hommes. Je l'avoue, je ne m'étais jamais avisé du contraire. Qui aurait vu la moindre discrimination s'il s'était contenté de s'adresser à « ceux qui ont annoncé vouloir faire grève » ? Et aurait-il éprouvé le même besoin de précision s'il avait choisi de parler des « personnes concernées », terme qui, lui, n'établit aucune distinction de sexe ?
Le procédé n'est pourtant pas nouveau. Bien avant que l'on ne parle d'écriture inclusive, le général de Gaulle ouvrait ses allocutions par son célèbre « Françaises, Français ». Mais ce qui relevait alors de la solennité oratoire tend aujourd'hui à devenir un automatisme, parfois jusqu'à la caricature.
À trop vouloir stigmatiser les différences, on finit par les creuser. Ainsi, lorsque Olivier Véran invite les agents de la SNCF, « au premier chef celles et ceux qui ont annoncé vouloir faire grève à y renoncer », il veut probablement nous rappeler que la grève n'est pas qu'une histoire d'hommes. Je l'avoue, je ne m'étais jamais avisé du contraire. Qui aurait vu la moindre discrimination s'il s'était contenté de s'adresser à « ceux qui ont annoncé vouloir faire grève » ? Et aurait-il éprouvé le même besoin de précision s'il avait choisi de parler des « personnes concernées », terme qui, lui, n'établit aucune distinction de sexe ?
La question n'est pas nouvelle. Dès 2012, Marc Raynal (blog Parler français) s'interrogeait sur « cette manie […] de vouloir constamment "sexuer" une grammaire qui ne se préoccupe que de genre ». Le masculin, rappelait-il, n'est pas nécessairement l'expression du sexe masculin ; il constitue aussi ce que les grammairiens appellent le genre non marqué, celui qui permet précisément de désigner un ensemble mixte sans avoir à énumérer chacune de ses composantes. Et l'auteur de conclure : « Nous risquons de finir ensevelis sous des formules aussi pesantes que ridicules. »
Vaine remmise en question : aujourd'hui, le mâle est fait. En la matière, le titre de champion du monde revient incontestablement à Emmanuel Macron. Dans la foulée de la défaite de l'équipe de France en finale du Mondial de football, n'avait-il pas poussé le grotesque jusqu'à remercier « celles et ceux qui vont arrêter le maillot (sic) après ce match ». Inutile de dire que la performance du chef de l'État avait fait mauvais genre dans le vestiaire des Bleus. Résultat : encore de futurs retraités qui font la gueule !

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