« Les Jaune et Noir, finalistes pour la troisième fois, auront donc fort à faire pour battre les coéquipiers de Tadhg Furlong. » (Imaz Press Réunion)
Moi qui suis tombé tout bambin dans le chaudron – magique ? – du sport, je me suis toujours demandé quelle(s) différence(s) il pouvait y avoir entre les termes « équipier » et « coéquipier ». La réponse est aussi sèche que décevante : aucune. Les deux mots sont de parfaits synonymes qui se renvoient poliment la balle.
Mais sur le terrain de l'usage, le match est loin d'être nul. Une plongée dans les data du web sur une semaine révèle un vainqueur par K.O. :
– coéquipier(s) : 705 mentions
– équipier(s) : 286 mentions
Plus fascinant encore, la frontière est purement disciplinaire. C'est une question de culture sportive :
– Le cyclisme et les sports mécaniques préfèrent l'équipier (à 78 % pour la Petite Reine). L'équipier a besoin d'un moteur ou d'une roue, il fend le vent pour son leader.
– Le football et les sports collectifs ne jurent que par le coéquipier (à 78 % également). La présence du préfixe co- dans « collectif » et « coéquipier » n’est sans doute pas étrangère à ce choix.
En résumé, l’équipier est un amoureux de la mécanique qui carbure à la bicyclette ou au piston, tandis que le coéquipier est un piéton épris de ballon rond ou ovale qui ne croit qu'aux vertus de l'effort partagé. À chacun sa définition, et que le meilleur gagne !

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