Ils se ressemblent comme deux gouttes d'huile de vidange. Pourtant, bus et car n'empruntent pas les mêmes routes. Tel le rat des villes et le rat des champs, le premier — aphérèse d'autobus — circule essentiellement en milieu urbain et dans sa proche périphérie, tandis que le second, abréviation d'autocar, relie les villes, les régions et parfois même les pays.
Pour faire simple, le car est un bus au long cours et le bus, un car au bond court. Pardonnez-moi ce jeu de mots qui mériterait presque un arrêt... de circulation. On parlera ainsi d’une ligne de bus communale, des mythiques bus à impériale londoniens, mais d’un car de touristes ou du car des supporters du Stade Malherbe de Caen (quels braves gens !). J'allais oublier de mentionner les cars de police, mais je ne vous les recommande pas : ils sont souvent bondés, rarement confortables et le billet de retour n'est pas toujours garanti.
– « ... monter dans un bus direction la Russie. » (Le Parisien)
À moins que ces véhicules n'aient effectué tout le trajet sans quitter la ville, il aurait sans doute fallu parler... d'autocars.
Moralité : si une alléchante mais mensongère publicité vous fait un jour miroiter un tour du monde en bus à prix cassé, méfiez-vous : vous n'irez pas loin. Vous risquez surtout de tourner longtemps... en rond..
(1) Une aphérèse est une chute d'un ou plusieurs phonèmes en début de mot. En clair, c'est un mot amputé de quelques-unes de ses premières lettres. À l'opposé, une apocope est la suppression de plusieurs des dernières lettres du mot. Exemples : cinéma, métro, photo...

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