Pallier et pallier, censé et sensé, tâche et tache, détoner et détonner, gril et grill… Ils se comptent par centaines. Ils, ce sont les homophones. Proches cousins des homographes (mots qui ont la même orthographe, mais des sens différents), ils appartiennent à la grande famille des homonymes (mots identiques, soit par leur prononciation, soit par leur graphie). À l'oral, aucun danger, rien ne les distingue. Mais à l'écrit, ils sont nos pires ennemis.
« Balade » (promenade) et « ballade » (poème, chanson) figurent en bonne place parmi ces faux jumeaux qui nous torturent les méninges. La confusion bénéficierait d'ailleurs d'une circonstance atténuante. L'Académie rappelle que le plus ancien des deux mots, ballade, s'est d'abord écrit... balade. Difficile, dès lors, de jeter la pierre à ceux qui s'y brûlent encore les « l ».
Mais de nos jours, les deux termes ont des emplois bien distincts. Emprunté à l'ancien provençal ballada, « ballade » désigne un poème ou une composition musicale. Il s'est donc d'abord écrit « balade » avant de prendre sa forme actuelle au XVe siècle. C'est cette ballade-là que l'on retrouve dans La ballade des pendus de François Villon. En revanche, c'est une balade avec un seul « l » (une promenade, donc) que Joe Dassin s'accorde sur les « Champs », « le cœur ouvert à l'inconnu », dans l'espoir – qui sait – de croiser celle qui lui mettra… la corde au cou.

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