– « Elle fabrique des animaux en porcelaine artisanale, mais pas que ! » (Le Bien public)
– « Les équipes de la médiathèque iront à la rencontre des habitants pour proposer des animations en lien avec la lecture. Mais pas que. » (La Dépêche)
– « Malade, mais pas que… » (Ouest-France)
Le Bien public, La Dépêche, Ouest-France... mais pas que. Au cours du seul mois écoulé, pas moins d'une trentaine des plus beaux fleurons de la presse écrite française ont usé de cette expression à la mode qui, bien que souvent présentée comme humoristique, ne fait guère rire les grands maîtres-queux de la langue.
Vous l'aurez compris, je veux parler de l'attelage « mais pas que » et de sa variante « et pas que ». La palme du comique de répétition revient sans conteste au Parisien :
« Des sons qui claquent mais pas que, des tubes ringards mais pas que, du Gin Tonic mais pas que, des reprises chantées en Live mais pas que (y'a un DJ aussi), des jeunes des vieux mais pas que, des garçons des filles mais pas que… »
Les gardiens de la norme sont unanimes : cette prolifération n'a ni « que » ni tête. Pourquoi ? D'abord parce que, grammaticalement parlant, « que » ne saurait être employé absolument, c'est-à-dire sans complément. Ensuite parce que « pas que » n'est jamais qu'une réduction, pour le moins cavalière, de la locution « ne... pas que ».
Mais il n'y a pas que cela. Les puristes font également valoir que le fautif « mais pas que » ne saurait se substituer à « mais pas seulement » ou à « mais pas uniquement », le mot « que » n'étant en aucune façon synonyme de « seulement » ou d'« uniquement ». « N'hésitez donc pas à submerger de vos protestations les orateurs médiatiques professionnels qui ont pris le pli aberrant de ponctuer, avec sérieux, leur propos par ce "mais pas que" ou "pas que", à la manière d'un enfant en bas âge », fustigeait déjà l'Académie française en 2015.
Une sortie qui résume assez fidèlement l'état d'esprit des défenseurs du bon usage. Et pas qu'eux...
Les pièges de la langue française vus au travers de l'actualité réunionnaise
dimanche 7 juillet 2024
Ni « que » ni tête
Lu la semaine dernière : « Des propos qui ont fait réagir les politiciens réunionnais, mais pas que. » (linfo.re)
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