Ils ont pour dénominateur commun le chiffre deux et descendent tous deux du latin duplus, « deux fois aussi grand, double ». Pour autant, les verbes « doubler » et « dédoubler » sont loin de faire double emploi. Bien qu'ils sèment régulièrement la confusion dans les esprits, leurs sens sont presque opposés. Ainsi, dans le domaine de la couture, « doubler » consiste à ajouter une doublure quand « dédoubler » revient précisément à la retirer.
La distinction vaut bien au-delà du fil et de l'aiguille. Schématiquement, « doubler » signifie « multiplier par deux », tandis que « dédoubler » équivaut à « partager en deux », « séparer ce qui formait un tout » ou encore « ramener à l'unité ce qui était double ». On dédouble une pièce de tissu, une voie ferrée, un train ou des classes, pratique devenue familière dans l'Éducation nationale.
Méfiez-vous donc des promesses trop belles pour être vraies. Si, demain, votre employeur vous annonce avec un large sourire qu'il va « dédoubler » votre salaire, n'imaginez pas un instant repartir avec une paie deux fois plus élevée. En bonne logique, il s'apprêterait plutôt à la couper en deux. Même à Noël, il faut se garder de prendre ses rêves pour des réalités... ni les préfixes pour des cadeaux.
Les pièges de la langue française vus au travers de l'actualité réunionnaise
vendredi 27 décembre 2024
« Doubler » et « dédoubler » ne doublonnent pas
Lu la semaine dernière : « Installé sur le stade de Cavani, l'ESCRIM pourra traiter une centaine de patients par jour. Les cinquante personnels soignants ont pour mission de dédoubler et soulager l'hôpital de Mamoudzou, endommagé par le passage du cyclone Chido. » (Outre-mer la 1ère)
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